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MEMOIRE DES RANDONNEURS |
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LES CEVENNES |
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Durant le dernier week-end du mois de mai 2006, le mille Pattes est parti en villégiature, à la découverte de la Lozère. Délaissant, pour quelques jours, le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, trente adhérents du club se sont retrouvés dans le Parc National des Cévennes.

Le Pompidou, petit village perché sur la corniche des
Cévennes, entre Florac (20 km) et St Jean du Gard (30 km), a vu débarquer un
groupe de randonneurs lotois, pleins d’entrain et de bonne humeur. L’Auberge
du Cheval Blanc les a accueillis avec sympathie et convivialité.« C’est une
grande demeure, ancien relais de diligence, tenue par un jeune couple
dynamique ».
Pour parfaire le tout, un temps magnifique : soleil, ciel bleu mais beaucoup
de vent.
Les Cévennes est l’une des régions françaises les mieux conservées du point de vue des sites et des paysages. Pays secret, le caractère cévenol imprègne chaque pierre, chaque arbre, chaque chemin : la guerre des camisards, l’aventure de la soie (principale industrie des Cévennes jusqu’à la fin du XIXème), le châtaignier, le schiste, les drailles, le chemin de Stevenson… « Une nature âpre, rude mais furieusement belle. Et quelque chose comme la grandeur dans l’horizon qui n’en finit pas de s’enfuir au loin… »
De belles découvertes en perspective !
Mercredi 24 mai – au soir :
Une dizaine de « 1000 Pattistes » arrive et s’installe à l’auberge. L’accueil est chaleureux, le repas généreux. Tout commence bien.
Vers 9H30, nos premiers randonneurs se rendent en voiture au village de l’Hospitalet (à 5 km), pour parcourir le « sentier des corniches », sentier de découverte du Parc National. 2H de marche, sur 4,5 km ; descente un peu raide par un petit sentier caillouteux, sans danger – beau débouché sur la vallée du Tarnon – départ à 1040 m, point bas à 870 m.
Le can de l’Hospitalet est le nom
donné à ce haut plateau, aux herbes jaunes,
parsemé de rochers, creusé d’avens, parcouru
de drailles et de chemins
bordés de murets
de pierre :
« c’est la steppe battue par les vents ».
Et du vent, il y en avait !!


– Midi :
Retour au Pompidou pour un pique-nique improvisé dans le jardin abrité de
l’auberge. Le reste de la troupe lotoise arrive et s’installe. Le groupe est
au complet.

– Après-midi :
Départ à pied du gîte pour le vallon de Saint-Flour- du- Pompidou. 7 km de marche.
Le circuit qui descend au creux d’un vallon
puis remonte au village, permet d’observer le
contraste entre l’impressionnante barre calcaire
du « can » et le schiste cévenol. Belle balade
sous les châtaigniers, les genets.
Découverte
d’un ancien four à chaux. Au loin des petits hameaux éparpillés à flancs de
coteaux. Le sentier regrimpe en lacets jusqu’à l’église de St-Flour-du-Pompidou
(XIIè siècle), l’une des plus anciennes de Lozère. Rescapée de l’ancien
village détruit durant les guerres de religion et reconstruit sur les
hauteurs, elle servit de grange au XIXè et son presbytère devint ferme.
Restaurée depuis peu, elle accueille des concerts l’été. La route remonte
tout droit au village.
Et ça monte bien ! C’est bon pour le souffle !


–Vendredi 26 mai : Florac – Le chemin des couronnes
9H – Nous sommes tous prêts pour la journée qui
s’annonce belle. Le ciel est toujours
aussi bleu. Direction Florac – sous-préfecture de la Lozère, ville d’eau,
baignée par le
Tarn, le Tarnon et la Mimente, ville de foire importante.
Le circuit que nous allons faire est de 15km, avec un dénivelé, au départ de
400m.
Nous passerons de 540 m à 1093 m. C’est le circuit des corniches du Méjean,
qui surplombe la vallée de Florac.
Le sentier est assez escarpé au départ, nous montons lentement, en paliers
successifs, au
milieu des genets, des plantes de rocaille, quelques cytises, quelques
mûriers.
Les muscles
sont contents.

Arrivés sur le plateau, après le dolmen une surprise
nous attend. Un comité d’accueil, des tables avec du ravitaillement, du
monde autour, des spectateurs…Merci, merci !
En fait, une course était organisée ce jour-là sur Florac. Des coureurs à
pied nous dépassent, grignotent un coup, enfourchent leur vélo et repartent.
Ils sont montés en courant !!! Bravo les champions !
Et nous continuons notre balade sur le chemin du plateau, au milieu des
genévriers, des buis. Sur des prairies rases paissent des moutons. Et
toujours du vent. Nous passons devant le hameau en ruine de la Bastide
(peut-être une ancienne magnanerie). Puis il faut franchir une clôture et
commencer à descendre. Avant d’attaquer le sentier qui descend en lacets
nous faisons une halte pique-nique, à flanc du causse ; la vue est
magnifique. En bas la vallée, à l’horizon, les Cévennes. Il commence à faire
bien chaud, les boissons sont les bienvenues.




Et la longue descente se poursuit, aux flancs des rochers découpés. Par endroit, le sentier est étroit, accidenté, attention !! Certains rochers sont impressionnants par leur forme. En vue du hameau de Borie, la vallée s’annonce, un petit ruisseau, un petit bois. Un fabricant de miel habite là, ça sent bon. Une vieille dame assise sous les arbres nous regarde passer, sans un mot, perdue dans son monde.
16H - retour sur Florac, et petite visite de la ville, agréable et touristique avec ses places et ruelles anciennes. A voir au milieu des maisons : la fontaine du Pêcher, entourée de fleurs, cadre très reposant. C’est la résurgence d’une partie des eaux qui s’infiltrent au cœur du Causse Méjean.


– Samedi 27 mai : Pont-de-Montvert
9H – Déplacement en voiture jusqu’au village de
Pont-de-Montvert vers la région du Mont Lozère (à 30 km de Florac) pour la
journée.
Le matin, nous suivons le sentier d’interprétation de l’Hermet. Ce sentier
est une boucle
de 6 km, jalonnée par douze points d’observation numérotés par des
plaquettes avec des
numéros qui renvoient à une fiche explicative. La pédagogie de Nathalie, qui
succède à
Guy dont la gorge défaille, n’est pas de trop pour passionner un auditoire
parfois facétieux !
Ainsi nous comprenons mieux l’évolution naturelle hêtraie-chênaie, la vallée
du Tarn et
les paysages marqués par l’homme, l’architecture d’un hameau, l’érosion du
granite,
la pineraie de pins sylvestres, l’alternance lande à callune et prairies de
fauche,
le panorama du mont Lozère, une bergerie couverte en lauzes de schistes,
…bref, nous
revenons plus dégourdis !

Nous empruntons enfin le chemin des camisards, qui fut emprunté en 1702 par
les Huguenots qui déclenchèrent
les évènements tragiques qui s’ensuivirent.
A midi, le pique-nique encore en terrasse
au-dessus du village nous permet de
reprendre
des forces pour attaquer la descente qui nous
permet, grâce à une
signalétique fort bien
faite, de comprendre le développement du
bourg au cours
des siècles.
Un bon petit café au bar du coin, et après
moultes discussions, nous convenons
de
nous séparer momentanément. Certains
rentrent paisiblement au bercail,
certains
vont visiter le musée du mont Lozère et la douzaine de vaillants vont
attaquer le Finiels, point culminant à 1699 m. Après une bonne montée et
une
bonne soufflée de vent fort, le sommet est atteint bon train. Enfin une
balade qui nous rappelle que « plus ça monte, plus c’est bon » !

Et le soir, les retrouvailles bruissent de la journée des uns et des autres. Nos dames avec leur petit mais passionnant parcours au sentier d’observation du Mas Camargues, les Poulet avec leur visite à la Bambouseraie d’Anduze.




La bambouseraie d’Anduze, domaine de Prafrance.
Ce domaine, d’une superficie de 34 hectares, est situé à 11 km au
sud-ouest d’Alès et à 2 km au
nord d’Anduze .Non loin de là, le Gardon se fraie un passage au travers
d’étroites gorges granitiques
et calcaires. Bénéficiant du climat méditerranéen, le domaine reçoit en
moyenne 1100mm d’eau par an, mais le régime des eaux peut être irrégulier,
orages torrentiels ou sécheresse. Aussi le parc est doté de canaux
d’irrigation permanents de 5 km (l’eau est captée directement en amont dans
le Gardon).
En 1856 (il y a donc 150 ans cette année), Eugène Mazel, qui fait fortune
dans le commerce des épices d’Asie, achète ce domaine afin de réaliser son
rêve : créer une bambouseraie. Passionné de botanique, il peut faire venir,
des pays lointains, des plantes quasiment inconnues en Europe. Les
conditions naturelles du site paraissent favorables à son projet. Le sol est
constitué d’alluvions profondes et fertiles. Le microclimat local semble
convenir aux bambous. Mazel a pu acclimater plusieurs espèces de bambous,
mais aussi bien d’autres végétaux éxotiques. Les collections de plantes
deviennent fabuleuses.
En 1902, Mazel ruiné, son domaine devient propriété de
la famille Nègre…
La visite du parc se déroule en 1H30 environ. C’est un lieu magique: des
bambous de diverses variétés, certains dépassent 25 m de haut, des arbres
remarquables (séquoias, ginkgo biloba, magnolia…), des camélias…des
palmiers. Un village laotien a été créé dans une clairière. Un jardin
japonais, le vallon du dragon vous fait partir au Japon... De superbes
carpes kois étonnent les visiteurs. Dans le jardin aquatique les lotus sont
rois.
Tout le long des allées, des panneaux, des bornes d’audio guidages apportent
des informations claires : -« un bambou géant peut parfois pousser d’un
mètre en 24 H … ». Des visites guidées sont aussi proposées.
De renommée internationale, la bambouseraie est aussi un lieu d’échanges et
de culture.
Cette balade instructive, riche en fraîcheur et en poésie vous rapproche de
la nature et de l’environnement à protéger.
Après toutes ces magnifiques balades, les retours à
l’Auberge se font dans la bonne humeur. Riches en souvenirs, ivres de vent
et de soleil, les Mille Pattistes savourent les fins de journée. Une salle
est mise à notre disposition pour ranger nos affaires, préparer les
pique-nique…papoter, lire, se remémorer les moments forts des balades. Vers
19H, le traditionnel apéro ! Puis le repas servi dans la salle de restaurant
(où nous prenons aussi les petits-déjeuners).
En soirée, les imperturbables joueurs de cartes s’installent…dérangés,
samedi soir, par les « footeux » accrochés à la télé pour le match
France-Mexique. Imaginez l’ambiance….

Le week-end s’achève. Rangement, ménage…et traditionnelle photo de groupe sur le perron.
9H – Départ pour Barre-des-Cévennes : circuit du sentier du Castelet – 4km –
Le village de Barre est bâti sur le versant sud d’un
lambeau de causse appelé Castelas.
Cité cévenole, riche de tout son passé huit fois séculaire, de son
authentique architecture
conçue au fil des générations, présente encore l’aspect qu’elle avait sous
l’Ancien Régime.
Le circuit fait la visite du village. Munis d’une fiche très détaillée nous
découvrons la
fontaine du Théron…la place d’armes…le château, l’église du XIIè…les toits
de lauzes…
puis nous grimpons sur la butte qui domine le village. La vue est superbe.
Les Trois Bancs,
rochers ruiniformes, incitent certains « casse-cous » à faire de l’escalade.
Et la descente
sur Barre se fait par un petit sentier escarpé, à flanc de la butte.
11H15 – Ainsi s’achève le séjour cévenol. Il est temps
pour le Mille pattes de rentrer au bercail.
Chacun rentre à Lalbenque par des routes touristiques différentes : le
Causse Méjean, les gorges du Tarn ou de la Jonte…
Merci aux belles Cévennes de nous avoir accueillis. Merci à tous pour ces
belles balades, ces rigolades, ces souvenirs qui récompensent les efforts,
les coups de soleil, les nuits agitées parfois par des ronflements …Bises et
à très bientôt pour de nouvelles aventures.

