2ème VOYAGE
AUX ETATS - UNIS

ALAN

 

 

 

 

 

Les Rocheuses du Colorado
Les Rocheuses forment une colonne vertébrale au Far West des Etats-Unis. La chaîne s’étend nord-sud, donc elle forme la partage des eaux, à l’ouest vers l’océane Pacifique, à l’est vers l’Atlantique.
(Nota : la route à ce col est à plus que 3600m )

Dans l’état de Colorado il existent 54 sommets de plus de 14000 feet (4267m). Il doit avoir une bonne centaine de plus que 4000m, et des centaines de plus que 3000m ; en fait la plupart des cols est à plus de 3000m. Le plus haut sommet s’appelle le Mont Elbert à 4433m. Il y a très peu de neige en été mais en hiver la poudreuse est célèbre et on y trouve beaucoup de stations de ski.

Avant d’y aller j’ai fait beaucoup de recherches sur les sommets, les sentiers etc. Et j’étais toujours à côté de la plaque en tout. Par exemple, je savais que dès qu’on quitte la route nationale on est souvent sur une route castinée ou une piste forestière.
Mon topoguide m’avertissait qu’il y avait des pistes qui n’étaient accessibles qu’en 4x4, mais qu’il y avait beaucoup d’autres carrossables en voiture. Soit ils exagèrent, soit je suis beaucoup plus trouillard que je ne croyais. Il n’était pas envisageable de monter avec une voiture de location une de ces pistes forestières aussi raides que ravinées. Donc, premier problème, la plupart des 14000 feet n’étaient même pas accessibles pour nous , impossible d’ accéder au « trailhead » le point de départ. ( Heureusement il y a d’autres sommets ! ) Le premier jour, par exemple, on part de bonne heure pour un col sur une piste boueuse avec l’intention de se garer au col et de se payer un « petit « 14000, et on est obligés de faire demi-tour (Si tu es jamais monté par la piste forestière au Chalet des Cortelets sur le Canigou tu saurais de quoi il s’agit !) 
On cherche un autre sommet, de 4260m (et mon respect pour la vérité m’oblige à avouer qu’on s’est garés à 3800m !), le Mount Evans. Pas de problème pour monter, sauf j’étais très essoufflé à cause de l’altitude. On arrive au sommet et on remarque, au loin, un de ces orages qui sont célèbres au Colorado. Mais il est loin, il n’était même pas midi, et je me dis que, comme dans les Pyrénées il ne va pas éclater avant le milieu de l’après-midi. On apprend à tout âge, mais cette fois j’ai failli payer cher mon apprentissage. Il y a une route goudronnée jusqu’au sommet de Mount Evans, et pour aider notre a acclimatation nous décidons de la descendre – moins agréable, mais longue et sinueuse et donc on reste plus longtemps en altitude et ça nous aide à nous acclimater. L’orage, violent, nous rattrape à une vitesse effrayante ; on voit la foudre qui tombe pas loin, il y a de l’électricité dans l’air, les poteaux métalliques au bord de la route fredonnent un air qui me fait peur. Et pas le moindre abri, nous sommes sur une pente pelée, et l’objet le plus haut- c’est nous ! On commence à courir mais la foudre court plus vite que nous. Je commence à répéter les règles – on éloigne tout ce qui est métallique, on s’assoit sur le sac à dos pour s’isoler, on se fait petit, position fœtale, mais verticale, etc  On avale notre fierté – et on fait du stop. Presque chaque fois qu’on allait à la montagne il y avait un orage l’après-midi. On a pris les conseils des gens du coin «  Faut pas être au-dessus de la ligne des arbres l'après midi. »

 

L’altitude m’a donné du fil à retordre. Quarante- cinq ans de métier et quand même je fais des gaffes pas possibles !  Quand on fait un sommet alpin de 4000m on monte au refuge, on y passe la nuit et on s’acclimate, lentement, tant bien que mal. J’avais sous-estimé l’effet de la montée en vingt minutes en voiture. On montait au moins 600m, voire 1000m d’un coup et je n’étais pas capable de surmonter ce problème. Tant que je montais une pente raide, ça allait, je respirais profondément, rapidement, j’engrangeais assez d’oxygène, mais quand j’arrêtais, ou quand je descendais, et je respirais lentement, je manquais d’oxygène et j’avais des maux de tête, des nausées, perte d’appétit etc. Et un manque d’énergie. Je ne me suis jamais vraiment acclimaté, mais en faisant des petits sommets de 3400/3600m ça allait. Pour s’acclimater il est important de boire et c’est ce qu’on faisait régulièrement.
Quand on était en altitude, et on regardait autour, on était surpris de voir si peu de traces de l’être humain. Il était normal de ne voir aucune ferme, ni village, ni hameau, souvent aucune maison. Le paysage était à peine modifié par l’homme. Une route, peut-être, parfois une ancienne mine (d’argent, principalement, mais aussi de l’or et de cuivre)
Quand j’ai compris que les sommets de 4000m étaient au-delà de mes forces je cherchais des sommets moins élevés – ce qu’on a trouvé – et je me suis dit qu’on allait faire quelques petites balades pépères sur les sentiers dans la vallée. Puis j’ai compris ; il n’y avait pas de villages, que des petites villes qui étaient à 60/75km l’une de l’autre, pas grande chose entre villes, et donc il n’y avait pas de sentiers !
Ca vaut la peine de faire vingt heures de voyage pour voir les Rocheuses au Colorado ? Certainement. Les montagnes sont sauvages, peu ravagées par le tourisme, avec une faune intéressante (ours, lion de montagne, élan, etc) qu’on ne voit pas tous les jours. Les petites villes sont charmantes. And, my dear, the beer ! On trouve ( je comprend que tout le monde n’est pas passionné par la bière, mais il n’y a pas beaucoup de produits de terroir là-bas et c’en est un ) des petites brasseries dans les villes qui brassent une bière de caractère et de haute qualité.
Il y a du tourisme culturel à faire. Quand on entend le mot "Indien" on pense à un tipi mais il y avait une vraie civilisation indienne et ce village dans le Mesa Verde National Park était habité jusqu’au treizième siècle. En plus il y a tout à voir de l’ère de la Ruée vers l’Or et les mines d’Argent.
Et les gens du Far West ! Des gens courtois, accueillants, très respectueux de l’autre à chaque moment.  On est toujours très bien reçu, il est évident que les traditions d’hospitalité du Far West ne sont pas perdues. On a l’impression d’être un voyageur plutôt qu’un touriste.

                                                                                                                                                            

 

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