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VISITE ET CURIOSITES
DU LOT |
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LE
VIGNOBLE LOTOIS |
HISTOIRE DES VIGNOBLES LOTOIS
À
l’état naturel, la vigne est une liane des pays chauds dont les fruits sont
sans grande saveur. La variété améliorée (Vitis vinifera) paraît
dépendre étroitement des conditions climatiques.
La sécheresse estivale est nécessaire au développement du raisin.
Pendant les soixante-dix jours qui précèdent la maturité, il ne doit pas se
produire plus de douze jours de pluie.
On
a pu établir une corrélation significative entre l’indice
d’aridité des mois chauds et la
localisation de la vigne.
Si cet indice se trouve inférieur à 20, les vignobles peuvent
envahir les plaines basses. Au-dessus de 20, on n’a plus que des vignobles
de coteau en position d’abri et isolés en îlots.
Les températures doivent se tenir au-dessus de 18 °C pendant la période
végétative.
En hiver, la température moyenne du mois le plus froid ne peut
descendre en dessous de - 2 °C sans préjudice pour les vignobles.
Cependant, une chaleur excessive ne permet de produire que des vins sirupeux
ou liquoreux.
Au contraire, si les températures sont modérées, le raisin
garde une part d’acidité et des principes qui donnent son bouquet au vin.


Les
nuances de parcelle à parcelle dans un même terroir sont indissociables de
la notion de cru, les sols caillouteux produisant en général de meilleurs
vins que les terres franches.
Des conditions naturelles difficiles semblent donc aller de pair avec
l’obtention d’un produit de qualité, mais peu abondant, et cher par
conséquent.
La
viticulture exige un savoir-faire remarquable acquis grâce à la permanence
de générations de vignerons sur le même terroir. Une vigne reste productive
pendant plus de quinze ans. Mais le remplacement des pieds moribonds ou des
parcelles vieillies est incessant et très coûteux.

L’entretien
du vignoble demande un soin constant de la fin de l’hiver aux vendanges,
outre les opérations de vinification . La taille (en gobelet dans le Midi,
en hautains dans le Nord), le terrage (incorporation d’un mélange
fertilisant), les nombreux désherbages, la lutte contre les maladies
(oïdium, mildiou, black-rot) demandent une main-d’œuvre qualifiée et
nombreuse.
Aussi
les zones de vignobles sont-elles souvent densément peuplées. Dans toutes
les régions où la vigne n’a pu se reconstituer après l’invasion
phylloxérique des années 1865-1890, la population a régressé par exode rural
accentué. Aujourd’hui, certains vignobles justifient encore une densité de
plus de 150 habitants par kilomètre carré. Le maintien d’une population
rurale aussi forte suppose un certain archaïsme des structures économiques
ou la présence d’un salariat nombreux, chose insolite dans l’agriculture
moderne. De plus, les vendanges suscitent toujours des mouvements de
travailleurs saisonniers.
©Auteur
Roger Béteille agrégé de l'université, maître assistant à l'université de
Poitier
Beaucoup
de vignobles prétendent faire partie des plus vieux crus de France, mais
rares sont ceux qui ont laissé autant de traces dans l'histoire.

C'est
au moment où la conquête romaine s'achevait en Gaule que la culture de la
vigne prenait son essor en Quercy, Bacchus, divinité romaine, fut célébré
par les Gaulois. Malheureusement en l'an 92, l'empereur romain Domitien
(51-96) successeur de Titus ordonna l'arrachage de la moitié du vignoble
gaulois, dont la production commençait à concurrencer celle de l'Italie.
Cet
ordre fût supprimé entre 272 et 282 par l'empereur romain Probus
(276-282) qui autorisa sa replantation. Les gaulois assimilèrent rapidement
les procédés romains, en y apportant quelques améliorations, comme le
tonneau en bois
Cependant
au IVème et Vème siècles, les invasions barbares ruinèrent le Quercy et sa
viticulture. En 630, Dagobert 1er roi des francs (629-638) sut
envoyer à Cahors un évêque énergique qui relança la production du vignoble
cadourque.
Le remariage, en 1152 d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt
futur roi d'Angleterre favorisa le développement des vins de Bordeaux,
mais aussi de ceux de l'arrière-pays. On remarqua ainsi que le vin de Cahors
était côté sur le marché de Londres en 1225.
Le
vin de Cahors circulait alors sur le Lot puis sur la Garonne à bord de
bateaux à fond plat appelés gabares. Au début du 14ème siècle, la moitié des
exportations au départ du port de Bordeaux venait de notre région.
De passage à Rocamadour, les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle
appréciaient le vin de Cahors. Ils contribuèrent à répandre sa réputation
dans toute la France, et même à l'étranger.
En
1316, le pape Jean XXII originaire de Cahors fit appel à des vignerons
lotois pour réaliser le vignoble pontifical.
Malgré un grand nombre de protestations, la situation resta très pénalisante
pour le développement de l'appellation, et pendant plusieurs siècles, les
vignerons quercynois furent soumis aux jurats (magistrats municipaux) de
Bordeaux qui protégèrent et développèrent leur vignoble girondin. Pourtant
le vin de Cahors bénéficiait d'une très bonne notoriété, certains s'en
firent l'écho dont Clément Marot poète originaire de Cahors qui chantait le
vin de sa ville natale.

Galiot de
Genouillac grand maître de l'artillerie fît connaître à François 1er le vin
de Cahors, celui-ci appela ensuite un vigneron cadurcien pour planter une
vigne à Fontainebleau.
La navigation des gabares sur le Lot fut améliorée par Colbert grâce à la
réalisation d'écluse double.
Très
prisé de la cour de Russie, le tsar Pierre Legrand appréciait
particulièrement le vin de Cahors. Les popes russes de l'église orthodoxe
l'utilisaient comme vin de messe.
Un vignoble d'Azebaîdjan existe toujours et porte le nom de "Caorskoï"
témoin de
sa lointaine renommée.
Ce n'est qu'après quatre siècles de brimades que
Louis XVI sous l'inspiration de
Turgot abolit les
privilèges bordelais, ce qui ne fut que partiellement
respecté, et
dans les faits les bordelais menèrent
toujours la vie dure aux vignerons lotois.
Malgré les caprices de l'économie, le vignoble lotois
atteignait plus de 40 000
hectares au début du
XIXème siècles. Mais une grande catastrophe
frappa la
vigne : le phylloxéra, insecte vampirique
qui détruisit le vignoble.


De
1868 à 1884, tout le vignoble lotois fut infesté et détruit. Certains
vignerons persistèrent en replantant des vignes qui ne pouvaient survivre au
fléau. Le sol fut laissé à l'abandon et les viticulteurs émigrèrent.
Après la seconde
guerre mondiale il fut décidé de reconstituer le vignoble de Cahors avec le
plant de l'Auxerrois sur les versants ensoleillés de la vallée du Lot et les
terrasses caillouteuses des plateaux. Malheureusement, les gelées de 1956
détruisirent leurs efforts et ruinèrent à nouveau les vignerons lotois.
La véritable
renaissance de ce vignoble eut lieu dans la décennie 1960-1970 et s'est
poursuivie depuis. Entre 1962 et 1992 la superficie du vignoble est passée
de 208 à 3850 ha. La classification AOC fut attribuée en 1971. Le vin de
Cahors a bénéficié du mariage de la reine du Danemarck avec Henri de
Montpezat pour se faire connaître sur les marchés de l'europe du nord.
Texte : JMA

Notre
liqueur de feu comme la nommait Clément Marot
natif de Cahors, a tenu une place privilégiée dans l'histoire
de France.
En 1971, le vin de Cahors cultivé sur les terrasses abritées
de la vallée du Lot et sur les plateaux du causse devient
Appellation d'Origine Contrôlée.
Cette qualité n'est pas le fruit du hasard. La sélection des cépages est
rigoureuse et les contrôles opérés par les organisations professionnelles du
vin de Cahors sont sévères.



Rubis sombre, le
Cahors exale des parfums de fruits rouges, avec parfois de la réglisse.
Il est gras, tonique,charpenté, ample en bouche et au vieillissement il
développe des arômes fins et
complexes.
Les cépages
L'aire de production est volontairement limitée et s'étend sur 5 500
hectares.
Pas de grand vin sans un bon cépage, le Vin de Cahors est ainsi composé,
d'Auxerrois, le Cot noir
qui apporte ce goût tannique tant apprécié, lui donne sa couleur rouge
sombre et toutes ses qualités
de vieillissement.
Le complément peut se faire soit en Merlot, qui confère au vin sa rondeur,
soit en Tannât qui augmente les qualités propres de l'Auxerrois.
Le Malbec ou l'auxerrois ou le cot noir. Présentation de ce cépage rouge
original.
Il est de couleur
noir et est d'Origine du Sud-Ouest.
Le cépage malbec est un cépage précoce qui donne des vins colorés,
tanniques, aptes au vieillissement. Les vinifications en rosé donnent
également de bons résultats.
A Cahors, il prend le nom d´Auxerrois et à Bordeaux de Malbec.
Il est aujourd´hui très planté en Argentine, où son état de maturité permet
de produire des vins à grand potentiel.
Autres noms pour ce cépage : grifforin, vesparol, gros noir, pressac à
Saint-Emilion, prolongeau. Ce cépage est aujourd'hui planté que quelques 6
000 hectares en France, même s'il a beaucoup régressé depuis les années
1950.
Le premier producteur mondial de Malbec est l'Argentine, avec un peu plus de
10 000 hectares, suivi par la France puis le Chili avec 1 000 hectares.
Au total, ce sont 18 000 hectares de malbec plantés dans le monde.
Quelques conseils
pour l'apprécier :
Si le Cahors est jeune, il peut se boire légèrement frais.
S'il est grand et vieux il faut le décanter.
Alors il accompagnera merveilleusement les viandes rôties, le gibier, les
fromages et les fruits rouges.
CONSERVER ET SERVIR LES VINS DE CAHORS :
Comme tous les vins, le cahors vieillit avec plus ou moins de bonheur selon
son millésime et son terroir d'origine.
Les cahors produits sur les terrasses de la Vallée du Lot et de ses
affluents, atteignent assez vite leur plénitude et se dégustent à partir de
trois ans d'âge.
Ceux des Causses calcaires gagnent à vieillir au moins cinq années, afin de
révéler leur velouté et extérioriser l'ensemble de leurs arômes.
Les meilleurs cahors peuvent être conservés plus de quinze ans en cave.
Il faut tout de même les décanter en les transvasant lentement dans une
carafe avant de les déguster...
Le cahors peut se servir à une température entre 14°C, pour les vins jeunes
accompagnant le foie gras, les charcuteries, les viandes en sauce, le
fromage de Roquefort, et 16°C pour les vins vieux qui s'accordent à
merveille avec la truffe, les champignons, les gibiers et les fromages du
pays, cabécous et rocamadours.
